Des traces

Challenge Écriture 2020 – #12 (31.03.2020)

Challenge d'écriture
Challenge d’écriture

Je vous invite à faire un inventaire humoristique. Le but, c’est bien entendu de se faire du bien et de faire rire vos lecteurs / lectrices. Bonne semaine et à mardi prochain!

***

Bon, alors, voyons ce qu’il y a dans cette caisse qui traîne sous l’escalier depuis des lustres. Je ne me souvenais même plus qu’elle était là, abandonnée, bien poussée au fond. Il a fallu un coup d’aspirateur pour me rappeler à son bon souvenir…
Pouah ! Quelle poussière ! On dirait bien la chose la plus crade que j’ai croisée sur une vieille brocante. Euh, voici un doux pléonasme non ?
Après avoir retiré les moutons, je me retrouve face à des chiffons durs comme du carton. Imbibés qu’ils sont de résidus de peinture. Sous eux, il y a des tubes éventrés, aussi secs qu’un coup de trique. Mais passées ces inutilités qui vont certainement finir à la poubelle, je sors des couleurs intactes. Puis une jolie boîte en bois de rose où sont rangés des pinceaux doux et soyeux. Et dans le fond, bien à plat, de beaux blocs à dessin. Mon cœur ramollit en découvrant des croquis, des esquisses, des ébauches, faits il y a bien longtemps. J’étais assez douée. J’ai rajeuni de vingt ans. Et d’un coup, j’éclate de rire. Qu’est-ce que c’est que cette tronche de cake ? Non, c’est pas moi tout de même ? Un autoportrait avec des yeux globuleux, une bouche en cul de poule et des oreilles gigantesques. J’ai gardé ce truc ? C’était un peintre de Montmartre qui m’avait tiré le portrait à sa façon. Mon dieu, que de souvenirs ! Puis des gobelets, des pinces, des crayons de toutes sortes, jetés pêle-mêle.
J’entends la clé dans la serrure de la porte d’entrée. Comme l’escalier est juste devant, je me retrouve nez à nez avec ma fille qui me regarde, la bouche ouverte et les yeux ronds :
« Mais maman, t’as vu ta tête ? ». Et son père derrière qui se marre sans même chercher à se cacher.
« Quoi ? Qu’est-ce qu’elle a ma tête ? Hein ? » Et je fonce vers le miroir… ah ouais d’accord, je comprends mieux l’hilarité à mes dépens : j’ai des moustaches et le bout du nez rouge… pourtant les tubes éventrés sont tout desséchés. Je regarde mes mains et je vois les stigmates fautifs. Je retourne vers la caisse vérifier ce qui a bien pu couler lorsque Charlotte s’écrie : « J’espère que c’est pas ma boîte de couleurs que mamie m’a achetée l’autre fois ? Hein, quoi, qu’est-ce qu’elle raconte ? Alors, je regarde à nouveau la caisse et juste devant elle, il y a une boîte de peinture, avec des petits pots multicolores et deux sont écrasés : le rouge et le noir. Je sens que ça va être ma fête…

9 commentaires

Répondre à litteraturemonamour Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.